"Refrain... couleur du ciel... parfum de mes
vingt ans..." Voilà une belle introduction à ce qui a été, est et restera encore longtemps le plus grand concours de chansons de tous les temps (n'en déplaise à certains). Lorsqu'en 1955, on
élabore une émission de télévision capable de fédérer le plus grand nombre de téléspectateurs, on songe tout naturellement à la Suisse pour l'organiser. Et c'est donc à Lugano, par un joli jeudi
du mois de mai 1956, que retentit les premières notes de musique de ce qui allait devenir un véritable phénomène médiatique.
En cette première année, chacun des 7 pays participants proposent deux chansons. La Suisse choisit une seule et même interprète : Lys Assia. Elle interprète un titre en allemand "Das alte
Karussell" et un autre en français : "Refrain"., un titre évocateur et que les jurys ont choisissent de couronner premier Grand Prix de
l'histoire.
On ne change pas une équipe qui gagne et Lys Assia se représente les deux années suivantes. En 1957 avec la même équipe et la chanson « L’enfant que j’étais » qui n’obtiendra qu’une 8ème place (sur 10 concurrents) ; et en 1958 avec une chanson en langue italienne « Giorgio » qui se paiera le luxe de battre la fameuse chanson italienne « Volare » de Domenico Modugno en se classant 2ème juste derrière le français André Claveau.
Les années suivantes, la Suisse se stabilise dans le top 10. En 1963, la victoire est toute proche pour la jolie chanson d’Esther Ofarim « T’en va pas » qui est battue par les danois dans un contexte ambigu que nous avons retracé dans l’article sur le Danemark.
En 1964, Anita Traversi est la première candidate suisse à ne pas figurer dans le top 10. Sa chanson « I miei pensieri » termine dernière avec 0 point.
La peu enviable dernière place, le pays la connaîtra à quatre autres reprises : En 1967 avec Géraldine qui n’obtient aucun point ; en 1974 avec Piera Martell, en 1998 avec Gunvor, et en 2004 où le très entraînant « Celebrate » de Piero and the MusicStars a entraîné la Suisse à la dernière place de la demi-finale.
Mais la Suisse est surtout connu pour ses bons résultats. En 1969, Paolo del Medico représente le pays avec une chanson qui, comme son nom de l’indique pas, est en langue allemande : « Bonjour, bonjour » se classe 5ème à Madrid. Onze ans plus tard, à La Haye, Paola remet le couvert avec un titre cette fois en français. Une ode au cinéma qui lui vaudra une belle 4ème place.
Entre 1975 et 1982, la Suisse nous offre de très bons classements et s’assure systématiquement un top 10 grâce à des artistes de talent.
1971 voit la première participation d’un trio –
Peter, Sue and Marc – qui laissera une empreinte indélébile dans l’histoire du Concours. Il terminera 12ème avec une chanson en français : « Les illusions de nos 20 ans ». En 1976,
sur la scène qui a vu le couronnement des anglais, le trio interprète « Djambo, djambo » en anglais qui lui vaudra une 4ème place. Trois ans plus tard, nos trois camarades s’associent à
Pfuri, Gorps and Kniri pour une chanson terriblement originale et audacieuse pour l’Eurovision : « Trödler und Co » est chanté en allemand et mérite mieux que la 10ème place
obtenue. Tenaces, Peter Sue and Marc retrouve la scène du Concours à Dublin avec cette fois une chanson en italien. « Io senza te » une ballade amoureuse, termine 4ème avec 121 points.
Le trio aura participé à 4 reprises à l’Eurovision en chantant dans 4 langues différentes.
En 1982, à l’époque où les chansons en français avaient la cote à l’Eurovision, la Suisse envoie Arlette Zola avec la chanson au titre pléonasme « Amour on t’aime ». La mélodie n’est pas vraiment ce qu’on écoute à la radio en cette période, mais plaît aux juges et se classe 3ème.
Suivent trois Concours où la Suisse ne brille pas. Le pays reprend des couleurs en 1986 avec Daniela Simmons et la chanson « Pas pour moi ». Et le Grand Prix a bien failli être « pour elle ». Elle est néanmoins battue par une gamine, Sandra Kim, qui proclame aimer la vie selon la méthode Coué.
Forte de cette deuxième place, l’équipe créatrice de
« Pas pour moi », Nella Martinetti et Atilla Şereftuğ, reviennent en 1988 avec la chanson « Ne partez pas sans moi » et s’offrent les services de la québécoise Céline Dion,
que la France avait connue début des années 80 grâce à Michel Drucker. Il s’en est fallu d’un cheveu (que le candidat anglais Scott Fitzgerald a dû s’arracher du sommet de son crâne), et Céline
remporte le Concours Eurovision et offre à la Suisse sa deuxième victoire. Un petit point sépare la Suissesse d’un soir à l’anglais de toujours et c’est le jury français qui a délivré la Suisse
de l’intenable suspense digne d’un roman d’Agatha Christie (comme le fait remarqué le présentateur). A l’UER, on a eu tellement peur d’avoir de nouveau des ex-æquo comme en 1969 que l’année
suivante, un nouveau point du règlement a été ajouté, prévoyant qu’en cas d’ex-æquo, le pays ayant obtenu le plus grand nombre de 12 gagne, ou le plus grand nombre de 10 si jamais il y a encore
des ex-æquo. C’est la Française Amina qui en fera les frais en 1991. Merci Céline !
Une chanson en français gagne, il est tout à fait normal que l’événement se déroule l’année suivante dans la partie francophone de la Suisse. C’est Lausanne et son Palais de Beaulieu qui sert de cadre. Céline Dion débute la soirée avec une nouvelle chanson « Where does my heart beat now » qui donnera le véritable top départ à sa carrière internationale. Cette chanson obtiendra un énorme et se classera même 4ème du Billboard américain. La suite, tout le monde la connaît. Après ABBA, Céline Dion entre au panthéon très restreint des gagnants de l’Eurovision ayant fait par la suite une carrière sans fausse note.
Par la suite, la Suisse obtient des classements en demi-teintes, avec toutefois un top 5 à Rome grâce à la chanson « Canzone per té » interprétée à la perfection par Sandra Simó.
Nos amis suisses ont gagné avec une québécoise. Et
si c’était là le succès de la recette ? En 1993, ils retentent l’expérience et envoient Annie Cotton, originaire de Montréal avec « Moi, tout simplement ». Annie plaît par son joli
timbre de voix, sa sobriété et sa classe. La chanson termine sur la troisième marche du podium à Millstreet. Un bel album éponyme suivra qui, malgré sa qualité indéniable, se fera trop discret.
Annie Cotton marque la fin d’une belle période pour la Suisse qui enchaînera des classements catastrophiques. Le pays manque un Concours sur deux en raison du système de relégation et de 1997 à 2002 ne dépassera pas la 20ème place.
L’apparition des demi-finales n’arrange rien. Le seul bon classement de la Suisse vient en 2005 avec le groupe d’origine estonienne Vanilia Ninja et leur titre « cool vibes » qui se classe 8ème du Concours et permet au pays d’obtenir une place en finale l’année suivante.
Depuis 2007, la Suisse ne parvient pas à se hisser en finale. Malgré des rumeurs insistantes sur son éventuel retrait après ces trois échecs consécutifs, les responsables confirment que pour l’instant, il est hors de question que le pays tire sa révérence, invoquant notamment le fait que le coût de diffusion dudit Concours revient moins cher que la production de shows de divertissement (source : 20 minuten).
Michael von der Heide fête la 50ème participation de la Suisse au Concours Eurovision avec une chanson en français : « Il pleut de l’or ». Pour les bookmakers, il ne devrait pas pleuvoir des « 12 points » le soir du 27 mai. En tout cas, peu de parieurs misent sur ce titre.
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Au départ, il souhaitait créer et composer
une chanson destinée à un ou une artiste, beaucoup plus jeune que lui, quelqu'un de sexy et complétement dans la tendance actuelle. Cependant, son entourage artistique proche, coinvancu par son
charisme et son talent, l'a encouragé à présenter une chanson dont il serait également l'interprète. Michael qui n'a jamais vraiment fait de plans de carrière dans sa vie mais qui est plutôt un
être qui vibre et prend ses décisions avec ses tripes, a finalement été inspiré lors d'un bel après midi d'été et a donc composé "Il pleut de l'or". Il a ensuite envoyé son projet aux
décideurs de SSR Idée Suisse qui sélectionnent le représentant helvétique à l'Eurovison. Très heureux d'apprendre que sa candidature a été retenue, Michael a alors présenté sa chanson lors Swiss
Awards en janvier dernier.
Il informe qu'il est en pleine période de promotion de sa
chanson "Il pleut de l'or". Il a présenté cette dernière lors de la finale nationale en Lettonie, depuis, il a rencontré passablement de fans et a reçu beaucoup de témoignages provenant des pays
baltes, nordiques et de Roumanie, où sa chanson passe en boucle sur des radios locales.

