... suite de l'article d'hier mercredi...
Antenne 2, en voyant le tollé soulevé par
l’absence de la France en 1982, décide de reprendre le flambeau. En 1983, la chaîne organise une sélection française et tout le monde a été surpris de voir La Compagnie Créole ne terminer que
2ème avec « Le douanier Rousseau ». C’est Guy Bonnet qui part à Munich avec « Vivre ». Il n’obtient qu’un accessit (8ème sur 20) alors que la Compagnie Créole fait un tabac
dans les ventes de disques.
Pour le reste des années 80, la France fait souvent des erreurs de choix et obtient des résultats plus que moyens.
En 1990, Marie-France Brière débarque sur Antenne
2 et se voit confier la responsabilité du choix de la chanson française. Elle n’y connaît pas grand-chose en matière d’Eurovision, mais décide de relever le défi. Pas question pour elle
d’organiser une sélection qui permettrait aux téléspectateurs de se prononcer. Elle veut du professionnel pour nous représenter et sait qu’aucun grand artiste ne voudra se fourvoyer dans une
sélection. Pour Mme Brière, il est grand temps de dépoussiérer l’image ringarde du Concours. Et pour faire le ménage, elle ne fait pas appel à n’importe qui. Elle charge le grand Serge Gainsbourg
d’écrire une chanson. Ce sera « White and Black Blues ». Et pour la chanter, une ex de Zouk Machine, Joëlle Ursull. A Zagreb, les téléspectateurs découvrent un son nouveau à
l’Eurovision et le jury adore. La chanteuse termine 2ème et un gros succès commercial l’attend l’été 90.
Marie-France Brière est sur la bonne voie et entend continuer. En 1991, elle ose la diversité culturelle et envoie Amina avec « Le dernier qui a parlé » (NDA : pour moi la meilleure chanson de l’Eurovision de tous les temps). La suite, tout le monde la connaît : Amina finit avec le même nombre de points que Carola la suédoise, mais se voit reléguée à la deuxième place en raison du règlement.
Marie-France Brière s’occupera encore de choisir la chanson française en 1993 et 1994 avant de laisser sa place à Béatrice Esposito. Avec la 4ème place de Patrick Fiori et la 7ème place de Nina Morato, le bilan est plus que positif pour Marie-France Brière qui aura fait son job avec sérieux et professionnalisme.
Avec Béatrice Esposito, c’est le retour au classique. La corse Nathalie Santamaria interprète en 1995 « Il me donne rendez-vous » de Didier Barbelivien. A la surprise générale, elle obtient une belle 4ème place alors que tout le monde voyait la chanson terminer dans les derniers.
En 1996, c’est la grande époque des chansons ethniques et les bretons Dan Ar Braz & l’Héritage des Celtes chantent une chanson entièrement en langue bretonne. Malgré la jolie mélodie, « Diwanit Bugale » se plante sur la scène d’Oslo (19ème seulement).
Fanny termine 7ème en 1997 et la France connaît ensuite 3 années peu glorieuses en terminant dans le bas du classement. En 1999, Lââm accepte d’aller chanter « Les enfants de l’an 2000 » sur la scène de Jérusalem. Mais France 2, en raison d’une finale de rugby, abandonne à sa sœur France 3 le Concours. Tout est à refaire et France 3 souhaite organiser une sélection nationale. Lââm abandonne l’idée de représenter la France et une finale est organisée dans l’urgence à l’Olympia. C’est Nayah qui est choisit avec « Je veux donner ma voix ». La chanteuse (qui s’était déjà présentée à la sélection suisse de 1990) fait couler beaucoup d’encre lorsqu’on apprend qu’elle appartient au mouvement Raëlien, considéré comme une secte par la commission parlementaire sur les sectes en France. Nayah ne confirme pas à Jérusalem (19ème) et Lââm triomphe au top 50 avec « Les enfants de l’an 2000 ».
En 2000, la France fait confiance à Sofia Mestari, jeune chanteuse. Grand mal lui en a pris. La jeune fille apparaît totalement tétanisée sur la scène de Stockholm et apporte au pays une avant dernière place. Elle se rattrapera quelques mois plus tard en nous offrant un très joli album qui lui vaudra une belle notoriété.
Fini donc les sélections nationales. France
3 choisit pour la première fois en interne en 2001 et le frère de Jean-Jacques Goldman écrit pour la canadienne Natasha St-Pier « Je n’ai que mon âme ». D’emblée, la jeune chanteuse au
regard mutin séduit et les bookmakers la place favorite pour la victoire. C’est cependant une 4ème place qui l’attend sur la scène de Copenhague avec 142 points. La chanson devient un tube en
France (accédant à la deuxième place du top 50). Pascal Obispo remarque la chanteuse et lui écrit un album. C’est le début d’une grande histoire d’amour entre elle et le public français.
En 2002, Patrick Bruel est sollicité. Il écrit la chanson « Il faut du temps » et c’est une inconnue, Sandrine François, qui la chante sur la scène de Tallinn. Une nouvelle fois la France fait figure de favorite. Sandrine obtient une 5ème place. Ce sera le dernier top 5 pour la France.
Avec l’arrivée des demi-finales, et à l’instar des autres pays du Big 4, la France n’est pas très bien considérée. Le pays qui avait connu tant de succès dans les premières années du Concours ne fait plus peur. Elle termine la plupart du temps dans les bas fonds du classement.
En 2009, la superstar Patricia Kaas décide de relever le défi et part à Moscou défendre sa chanson « S’il fallait le faire ». Malgré sa notoriété, elle ne gagne pas mais offre à la France une belle 8ème place, son meilleur classement depuis 7 ans.
Il est peu probable, d’après les bookmakers, que Jessy Matador suive les traces de Patricia Kaas. « Allez ola olé » n’est que 18ème des pronostics pour la victoire. Autant dire que Marie Myriam peut dormir sur ses deux oreilles une année supplémentaire.
Accédez à la fiche de la France 2010
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
A cette période, la France gagne le Concours
une année sur deux. Car en 1962, Isabelle Aubret offre un troisième titre aux français avec « Un premier amour ».
En 1977, le jour de ses 20 ans, Marie Myriam donne
au pays une nouvelle et dernière victoire avec le classique « L’oiseau et l’enfant ». La chanson devient un immense succès populaire, jusqu’à être étudiée dans les salles de classe.
Le 10 janvier dernier, le ministre de la culture et de la
communication, Frédéric Mitterand, a promu Jean-Paul Cara Officier des Arts et des Lettres. Pour les rares personnes qui l'ignorent encore, Jean-Paul Cara est le compositeur de "L'oiseau et
l'enfant", la dernière chanson en date avoir été couronné Grand Prix Eurovision pour le compte de la France.

